Poètes contre la guerre

CODE POUR UNE GUERRE DE PLUS

Les idéogrammes fleurissent à la morte-saison quand la terre a séché par balle ou explosif
Il n’y aura d’élus que les morts en puissance sur les rives des fleuves ou du destin
Dans le creux des vallées il n’y coule plus rien, c’est l’été
Il n’y aura pas de messe pour les conjoints du silence
La guerre a effacé les croix de la croisade
C’est l’été les chaleurs les gâchettes sensibles les corps déverrouillés pour la dernière fête
La pluie qui tombera ne sera pas rouge mon frère mais tâchée de poussière de sueur et de
membres pourris
La ville était fumante aux sables du désert.
Il y avait encore quelques idéogrammes que le bruit de l’absurde avait laissés visibles
Vous laisserez s’effacer les témoins publics des entrailles de l’homme
L’heure n’a pas sonné pour les nouveaux espoirs
Tant de jeunes ont trouvé leur chemin dans les sillons traçant des mitrailleuses lourdes
A chaque round bouclé les spectateurs s’écoulent
Et les acteurs s’ils peuvent pleurer ne le font pas.

Hani Abdul-Nour