Poètes contre la guerre

GUERRE SUR LA VILLE
 
Le langage innocent des hautes destinées trace la voie, trace l'enfer
Donnez-moi le chemin des rages mutilées
Pour enjamber la guerre
 
A la dérive, à gestes las
Passent des ombres mécaniques
Sous les orgues de bronze nu
En dérive la ville va
 
Le miel coulera dur pour la postérité, donne ta vie, creuse ta pierre
Le langage rayé des balistiques folles
S'est brisé contre terre
 
Balle sur pierre, éclat d'obus
Scandent cette mouvance dure
La ville a largué ses appas
A la traîne de ses ordures
 
Ecoute la prière
Le langage brisé qu'on redit chaque nuit
Pour la mère qui reste ou pour l'enfant qui joue
Avec sa mort en bandoulière.

Hani Abdul-Nour