Poètes contre la guerre

DÉLABREMENT

Dans la lignée sirupeuse du bruit
Et le fracas des pertes sèches
La folie va et vient titube et virevolte
Ver de fruit défilé bruit de bottes
Bon sang la folie va bon train
Déversant ses mots d'ordre
Ses bals perdus ses étoiles mortes
Au fil des jours au creux des nuits
Dans un vacarme inouï
Le monde obscurément
Devise

Et ces fenêtres incompréhensibles
Où s'engouffrent à perte de vue
La souffrance à brûle-pourpoint
Et la peur effarée laconique
Des êtres concassés au labeur
Joyaux récalcitrants exsangues écartelés
Qu'on arrache au silence qu'on monnaye à prix d'or
Du sacré faisant table rase
Du théâtre des opérations
Directement dans votre assiette
De la compassion à l'emporte-pièce
Sans compter la duplicité lubrique
De leurs sourires diamant
Succédanés d'ersatz
Factionnaires de l'ennui
Montreurs de chair meurtrie
Marchands d'hébétude à vil prix
Au fil des jours au creux des nuits
La vanité s'autoproduit
Le monde évidemment
Pactise

Entre deux déflagrations
Deux abîmes deux spasmes et deux atermoiements
Un vertige s'effrite en agonie imperceptible
Un volcan silencieux s'efforce de mourir
Au fil des jours au creux des nuits
La torpeur m'envahit
Le monde obstinément
M'épuise

Damien-Guillaume Audollent