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JIMI COMME JAMES Jimi Hendrix Brûle de sa guitare Flambe de sa musique Avions qui piquent et mitraillent un village De ses bombes à billes Qui transpercent les palmes Qui déchiquètent les bananiers Et un gako monstrueux se dresse Et hurle son cri silencieux En sirènes de flics bleus ou gris A New York ou à San Francisco Francisque d’antan Qui scandent les matraques Sur les crânes à la noirceur rougie Sur les faces à la blancheur noircie des coups bestiaux Le rêve d’une foule bétail Qui marcherait au pas deux par deux Vers l’abattoir sanguinolent Du troupeau grégaire des asservis Par l’inconscience fermée D’une soumission insouciante Et hurle ta guitare Et aboie ta pédale Jimi Jimi dont les fenêtres désespérément s’ouvrent sur les nombrils des visionneurs soumis au petit écran coloré qui tue en eux les visionnaires du demain de l’aujourd’hui Et je rêve d’un autre part Où tes molles aurores S’uniraient glauques A mes sambas de feu Dans ma nuit morte d’un autre part où le chiendent de mes envies se graminerait à tes prunelles solitaires Et ensuite le plumier du bureau et le mur nu du papier auquel il est dit que l’on ne doit pas écrire le mur nu du papier auquel l’enfant rêve le vieillard à tout jamais unis dans leur rencontre en chemins qui se croisent le vieillard ivre d’un retour à son passé présent là à ses yeux décoloré par l’âge du souvenir d’un désir jamais réalisé là-bas derrière l’enfant fasciné d’un départ vers son futur présent là à ses oreilles assourdies par la rumeur du rêve d’un désir jamais atteint là-bas devant Et le chiendent de mes envies Envahissent les doigts De ces mains sèches ou moites D’une peur panique Que le jeu se perce Que le masque se fende Que le costume se déchire A la langue de la vérité mise en perce A la force de l’accepté qui plus n’offense Au neurone du fil coupé qui se démaille point à point comme un blé sous la brise Ne plus sentir l’ivresse Du vin de sa parole Ne plus trembler l’abandon A l’œil iconoclaste Ne plus frémir la nudité De deux âmes qui s’émaillent qui se crochètent d’une pelote enroulée sur son propre cœur et soudain se dévide aux aiguilles du cœur d’autrui Le rideau du rêve s’entre-écarte Le soleil du peut-être perce la brume Freedom Freedom So
I can give So
I can live So
I can love Égrènent les huit cordes de Jimi Dépasse la tristesse Vers un autre ciel De rimes riches D’images immaculées Simple pâquerette bleutée Au bord de la route sablée Où les lourds souliers cloutés Patinent Piétinent S’enlisent A la dune mouvante Qui avance roule sur sa base que tous les pins du monde ne sauraient arrêter submergés d’un côté par le sable de l’interdit ils ressortent de l’autre fossilisés dans leur bois carbonisé squelettifiés à la nuit de leur membres momifiés Que ce pas s’arrête Que cette dune qui roule emporte La pâquerette bleutée Les souliers cloutés Au-delà de la déroute Au-delà de l’horizon ligne bleutée de je ne sais quelles Vosges Que le vent seul franchit Sans jamais vouloir dire Le mystère de l’avant-pays No man’s land de la passion Dont la triste rançon Est de ne pouvoir en revenir indemne inchangé identique à l’arrière-pays enfermé dans ses frontières fruits de vieilles rancunes qui font que la ligne conjoint l’étable de l’un l’écurie de l’autre et efface la prairie des deux le vent frais de la rivière qui s’encoule silencieuse vers l’océan vaguelé oscillant de son immense illimitude Le fleuve s’ouvre à notre exode La mer recule à notre unisson La terre s’immense à notre foulée Dont la destination Est l’enfer des sots Au langage timoré Et aux actes timonnés Freedom Freedom Il
wah wah Jimi Freedom So
I can love So
I can live So
I can give Jacques Coulardeau |