Poètes contre la guerre

UN JOUR, COMME TOUS LES JOURS...

Un jour, comme tous les jours...
Les verts se reposaient bien tendrement dans les prés
Tandis que les bleus se baignaient paisiblement dans les cieux
Grâce aux jaunes qui brillant de mille feux
Révélaient les roses, mauves et rouges audacieux
Un jour, comme tous les jours...
Tandis que chacun vaquait à ses amours
L’un d’eux suggéra à ses semblables :
Nous qui sommes si brillants, nous ressortirions sûrement gagnants
Si tout en nous mêlant aux autres, nous mesurions notre force
Nos mille feux nous démarqueraient et le jaune l’emporterait
Les autres couleurs de l’arc-en-ciel ripostèrent
Pourquoi les couleurs se feraient-elles la guerre?
Elles eurent beau dire aux jaunes que chacun serait perdant
Mais ils n’entendirent rien et la guerre eut un commencement
Ils bombardèrent les bleus et les verts puis firent le tour de la terre
On pensa à un moment que les rouges allaient gagner, tant il y avait de rouge
Mais à la fin, il ne restait plus rien, plus rien que du noir et du gris
Il ne restait plus de vert car il n’y avait plus de lumière, ni d’air
Mais il y eut un gagnant et il était d’un gris couleur de guerre

Lorraine David