Poètes contre la guerre

SANS TITRE

chaque invention de ton corps
recompose ton corps

frémir sous la caresse
d’une voix ou d’une ville
fiévreuse, avancer

plus vite que l’ivresse
d’anciennes colères

gratter le noir
encore luisant à ton ongle

ou écrire, simplement
écrire
ce verbe maigre

qui ramène l’infini
à la hauteur des mains

mais un poème
jamais ne te sauvera

de toutes les guerres
inutiles

Louise Dupré