Poètes contre la guerre

ALLOUÉ

des herbes remuent
le vent défie le vent
et cette poussière de peau
sur le rectangle de pierre
grasse de sang

absorption nocturne
d’images abrasives
nous voici poreux, tendus
parmi les sons rangés
les chemins roulés
jusqu’aux lendemains
de pas à pas de course
de bruit blanc aux oreilles

voici un destin de lièvre
qui vient s’étendre
au seuil de notre îlot tiède
pour nous ronger la bouche
jusqu’au rouge, la stupeur
ne restera que nos mains
et une poignée d’heures
pour retirer les aiguilles
des cartes étrangères

Marie-Geneviève Cadieux