Poètes contre la guerre

IL

Plaintif.
Il geignait sur la couche ardente d’un été mêlé de sable, de fleurs, de bombes.
Il était tissé d’une mémoire persane
On eu dit un ectoplasme qui tournoyait-rampait
laissant aux fenêtres son regard embrasé-désespéré

Il avait pourtant connu
d’autres caresses plus chaudes-douces
Hier c’était l’enfance
les dunes les rochers
Aujourd’hui c’est l’enfer blanc

Je n’oublierai jamais son dernier regard
dans le recoin d’une ville aveuglée
par de sinistres feux grotesquement panachés

Il était Irakien.
N’avait pour nom que le troisième pronom personnel
ce IL qui le désignait à peine.....homme.

Marie-Claire Laberge