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FRONTIÈRES
qu’y a t-il au-delà
des limites closes de l’hiver ?
images scellées en avril
je collectionne les jardins fossiles
dans l’étroitesse de mon île
mémoire morte
d’un printemps trompeur
les griffes guerrières
oignent les arêtes ossifiées
dans la nuit qui leur survivra
le morne troupeau
errant aux frontières grises
laisse derrière lui
un peuple de reliefs calcinés
à la sombre solennité de vigies
la guerre télévisée
s’encimetière hors de nous
reste encore un peu
pour panser l’impensable
tant d’outardes
remontent vers le nord
les essaims réfugiés de l’outrage
nous arrivent sur un bon vent
la réserve de larmes
se tarit sous les paupières minérales
je cherche les mots
pour accompagner les morts
il faut parfois inventer des lieux
pour ranger les cendres et trouver l’issue
Micheline
Beaudry
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