Poètes contre la guerre

LE GAVAGE

Ma langue s'écorche sur les dents
je ferraille les mots
décortique les sens
claque leur chair
sur des masques de bois

Je peins la blancheur
pour chasser les ténèbres
une clé rouillée s'escrime
sur la porte sans serrure
mes yeux grignotent l'horizon

Les miroirs renvoient
la balle des cris
sans l'éveil d'un écho
sur la plage des pavillons
sourds pour l'éternité

Bon appétit

charognards, chicards
et arlequines
attablés pour un mardi gras
de tripes et cervelles
à l'or noir.

Mousse Boulanger