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FLEURIR LA PARANOÏA Allons nous laisser la paranoïa fleurir nos tombes avant même que la mort ne nous déclare sa guerre sans retour à l'heure où tu brandiras ton cerveau d'entre tes mains à l'heure où les stimuli auront fait la malle des corps en charpie juste du rouge anonyme celui qui fait révolutionnaire bof celui qui dit qu'une vie s'est éteinte, oui un hurlement de moins et la paranoïa toujours à quoi servent les fleurs sinon à pourrir sur les tombes la tombe seule reste à quoi servent les fleurs sinon à s'acheter pour croire encore à la beauté économique des humains qui se donnent la main avec un billet de préférence au creux ... la paranoïa toujours! pourtant... et pourtant... l'Amour! Arroser la paranoïa d'une essence à consumer les esprits Au litre de mutilés orphelins ça coûte moins Pour le moteur le litre il coûte moins Ce que coûte une bombe aiguisée sur un trottoir ? L'importante paranoïa d'un grand amant des brancards sanglants qui clôt la bouche comme le reste d'un corps fragile avec la foi d'un violeur fratricide et avant on prétend vouloir clouer des méchants au piquet alors qu'on offre le trottoir à ceux qui n'avaient déjà rien paranoïa, toujours ? au souffle de velours la paranoïa se camoufle se prête et se donne toujours toujours? Qu'en dis-tu, Amour ? Nadine Bellanger |