Poètes contre la guerre

FLEURIR LA PARANOÏA

Allons nous laisser la paranoïa fleurir nos tombes
avant même que la mort ne nous déclare sa guerre
sans retour

à l'heure où tu brandiras ton cerveau d'entre tes mains
à l'heure où les stimuli auront fait la malle des corps en charpie

juste du rouge anonyme
celui qui fait révolutionnaire
bof
celui qui dit qu'une vie s'est éteinte,
oui

un hurlement de moins

et la paranoïa
toujours

à quoi servent les fleurs sinon à pourrir sur les tombes
la tombe seule reste

à quoi servent les fleurs sinon à s'acheter
pour croire encore à la beauté
économique
des humains
qui se donnent la main
avec un billet de préférence
au creux

...
la paranoïa
toujours!

pourtant...

et pourtant...

l'Amour!

Arroser la paranoïa d'une essence à consumer les esprits
Au litre de mutilés orphelins ça coûte moins
Pour le moteur le litre il coûte moins

Ce que coûte une bombe aiguisée sur un trottoir ?
L'importante paranoïa d'un grand
amant des brancards sanglants
qui clôt la bouche comme le reste
d'un corps fragile avec la foi
d'un violeur fratricide
et avant on prétend vouloir
clouer des méchants au piquet
alors qu'on offre le trottoir
à ceux qui n'avaient déjà rien

paranoïa,
toujours ?

au souffle de velours la paranoïa se camoufle
se prête et se donne
toujours

toujours?

Qu'en dis-tu, Amour ?


Nadine Bellanger