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SANS TITRE
Ces morts au désert
Nous rejoignent-ils
En cette chaleur artificielle et métallique,
Enfantement puant
De la volonté de puissance et de gloire ?
J’invoque les morts anciens
Qui ont vécu d’amour, de luttes et d’espérance,
De larmes versées sur des corps anonymes.
Ceux tombés un jour
Pour que plus jamais du ciel
Ne tombe la nuit,
La mort dissimulée sous un manteau d’invisible.
Sommes-nous de tous abandonnés
Nous qui n’avons comme ressources
Que les regards figés en pleines pierres
Des parents aujourd’hui muets,
Qui nous apprennent à craindre les bouches
Débordantes de miel et de prières,
Alors que de ces mêmes bouches
Partent les ordres aux mains données
De couper les corps et les lèvres.
Ces pierres sèches
Doivent cependant êtres socles,
Et fondations solides,
Elles doivent encore porter nos pas
Et être ce que terre ne peux plus être :
Terreau d’où jaillir et proclamer
La force de la paix.
Nicolas Kurtovitch
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