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LES MOTS DE MON AMIE À Euphrasie Je te donne mes mots Ils sont tout ce que j’ai pour cesser les horreurs La guerre est dans ma tête / elle est dedans ton cœur Dans la chair de tes pieds aux sentiers des alertes Quand le cri affamé se perfore d’inerte Les massacres à l’écran se noient dans mon café Statistiques glacées aux cruels exposés Ma guerre est un sursaut devant les déraisons Une nausée au plus au ciné convulsion L'obscénité des crimes se calibre au millier Tu t’insurge au premier / je me lève au million Je grogne et je bondis de mon long plaidoyer Je pivote et spécule sur la loi du talion Mais la chatte ronronne devant le foyer L’échafaud est dressé sur mes informations Pendant que je m’assois au spectacle navrant Tu te lèves et t’enfuies avec les pauvres gens Tu délaisses ta vie / tes espoirs ton pays Assourdie par le bruit qui n’est pas retransmis La trachée des mitrailles pulvérise ton sang Tu entends les sanglots des ombrages écorchés Tu sens claquer le cœur de l’enfant écumant Dans la rue / dans la nuit des écueils brisés Au délire exilé tu culbutes en tremblant Ton âme est secouée comme un spasme vibrant Tu t’allonges et péris sous chacune des vies Ta guerre porte le nom écroulé sous l’ami La cabale m’enchaîne aux phobies de terreur Chafouines insidieuses s’infiltrant à ma peur Mon esprit se dévoie / s’entortille à la soie Le café se répand sur mon blanc désarroi CNN va gagner mon esprit dominé Je me grise au sofa et zappe l’intrusion Les martyrs sont réduits à des ondes brouillées L’infamie se transpose et s’inverse en fiction Et la chatte ronronne devant mon foyer Pendant que la misère des espoirs crucifiés Se déroule au déclin des ailleurs virtuels Où depuis trop longtemps les oiseaux n’ont plus d’ailes NiKL Jetté |