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SANS TITRE
Tout un instant
pour respirer
avant que ne reprenne l'instance
qui tient lieu, en ses semonces, de réalité
ce n'est pas
ici un bal de poupées de chiffons
mais quelquefois ce qui tremble
sous la lumière crue rappelle des visages
ces icônes des livres dans leur cruelle immobilité
Le sens qui pouvait
prendre la forme
d'une morte sous les couleurs sépia
et ces foulards
de vent des robes
ces souliers d'enfants infiniment légers,
sauf la légende : étranges mots
pour désigner l'absence
pourtant les
images n'en finissent pas
de ne pas vieillir, kurdes tchétchènes
arméniennes irakiennes
comme si rien jamais ne pouvait changer
comme si rien jamais ne devait changer
ni ne devait
remonter de la conscience
tout ce qui fut celé
sous la pierre de l'indifférence
tout ce qui fut
rejeté
avec l'idée même qu'il fût possible de puiser
en soi cette tremblante clarté qui retienne
un peu la nuit au bord du gouffre
Philippe Landreau
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