Poètes contre la guerre

PRÉCIS DE COLLINES

Aux lueurs blafardes d'une nuit aveugle
sous le vent du nord
les bruits d'une guerre nous fournissent des échos déformés.
Où sont les limites ?
Où poser les mains de nos mots et tenir debout ?
Fier.

Alors que le silence de nos vies tranquilles nomme d'un geste furtif notre acquiescement muet
le triomphe fragile de la violence se répand
se coagule sur nos mensonges
il n'y a pas de hasard
l'abîme conduit au gouffre qui nous pousse en lambeaux
je suis aveugle hors de mon histoire
il nous reste le frisson
la chaire flagellée au présent
le froid dedans.

Un souffle incessant remue à peine
peur du secret
de l'unique individuel
notre parole s'enfonce dans l'anodin endormi des ritournelles quotidiennes
crier est impossible
chaque geste est un mirage dont l'ombre s'évanouit au regard du passant
après une longue traversée
il nous reste l'espoir d'apercevoir à chaque point haut du balancement de la houle la terre notre refuge.

Philippe Vallet