Poètes contre la guerre

RAMALLAH EXPRESS

Les tiroirs-caisses font feu
à pierre-fendre avançant
sur la scène serrée du va-tout
sans foi ni loi
on vous enfermera derrière
les derniers murs
on vous exilera dans vos cervelles
derrière vos écrans de télévision
tandis qu’au fond du couloir on se verra
derrière les murs de l’église de la Nativité
où il commence à faire froid où sous
le charme des châtaigniers
émergent de longues colonnes de soldats
à fleurs jaunes à l’allure majestueuse
qui tuent la gaieté d’un puits et le parfum
des pierres qui font le silence par l’Uzi
une balle pour chaque tête pour qu’on
se souvienne du Bien.

Pierre DesRuisseaux

Texte tiré d’un recueil à paraître à l’Hexagone ©